Collaboration Intersectorielle

Problématique et données

La recherche des formes de concertation et de gouvernance autour de la question alimentaire à Montréal n’est pas nouvelle. Elle a mené, en octobre 2018, à la fondation du Conseil du Système alimentaire montréalais. Malgré tout, des lacunes persistent en ce qui a trait à la coordination des acteurs et de leurs actions au sein du système alimentaire à Montréal. Dans le cadre de la démarche Faim « Zéro » à Montréal de la Fondation du Grand Montréal, un sondage, des séances collectives et des entretiens impliquant au total 96 organismes de l’écosystème de la sécurité alimentaire ont permis d’identifier l’action concertée comme un des trois enjeux principaux pour lesquels il faut lever les freins et renforcer les leviers dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire des Montréalais (Brisebois et Colombo, 2019).

Le besoin de mettre en place des instances régionales en alimentation a été identifié à travers le monde, de par la complexité des enjeux alimentaires et la nécessité qui en découle de rallier les expertises et leviers d’une grande variété d’acteurs afin de réaliser les changements souhaités au système alimentaire.

L’importance de la collaboration multisectorielle demeure autant un impératif qu’un défi. Pour assurer un environnement propice à une action efficace, la FAO et les villes signataires du Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan recommandent de « faciliter la collaboration intersectorielle entre différents services et organismes municipaux et [de] rechercher la cohérence des politiques et programmes sectoriels qui influent sur le système alimentaire à différents niveaux administratifs », ainsi que « d’accroître la participation des parties prenantes au niveau municipal à travers le dialogue politique et, le cas échéant, à travers l’éducation et la sensibilisation » (FAO, Secrétariat du MUFPP, Fondation RUAF, 2018).

À Montréal, lors des consultations menées par la Commission sur le développement social et la diversité montréalaise en 2015, « les participants ont affirmé de façon quasi unanime l’importance de mettre en place un conseil de politiques alimentaires à l’échelle de l’agglomération de Montréal » pour les raisons suivantes :

  • Le besoin de faire reconnaître et respecter le droit à l’alimentation ;
  • L’occasion, qui interpelle de nombreux acteurs, d’aborder les enjeux alimentaires de manière transversale dans un système alimentaire complexe ;
  • Le potentiel important d’intervention du milieu municipal.
Collaboration Intersectorielle | CSAM
Collaboration Intersectorielle | CSAM

Collaboration Intersectorielle

Stratégies prometteuses

À partir de ces informations, quelques constats concernant l’approche stratégique à adopter se dressent:

  • Les acteurs du système alimentaire à Montréal souhaitent collaborer pour aborder les enjeux et relever les défis, mais il faut consolider les espaces pour échanger et offrir des opportunités pour développer des actions concertées. Le Conseil SAM a été créé pour faciliter cette collaboration, et pour réaliser cette mission il faut miser sur les meilleures pratiques du travail intersectoriel.
  • Plusieurs conseils de politiques alimentaires existent et le Conseil SAM gagnerait à prendre connaissance des leçons apprises par les autres CPA pour identifier des pratiques inspirantes tant en ce qui a trait aux modèles de gouvernance qu’aux pistes d’intervention.
  • Le potentiel de l’action au niveau municipal mérite d’être exploré davantage dans le but de faire valoir la marge de manœuvre dont les instances municipales disposent pour intervenir dans le système alimentaire. Le Conseil SAM peut collaborer avec les instances municipales afin d’exposer quels leviers sont disponibles et efficaces pour atteindre des objectifs d’amélioration du système alimentaire.
  • La gouvernance du Conseil SAM doit relever un certain nombre de défis découlant de la complexité du système alimentaire et du nombre important de parties prenantes. Les structures et processus doivent être transparents et inclusifs, et offrir des moyens de participation adaptés aux intérêts et besoins des différents types d’intervenants.

L’approche préconisée est multisectorielle. Ce type d’approche n’est pas limité aux mouvements alimentaires. L’approche systémique globale est utilisée en santé publique. Des facteurs de succès ont été identifiés dans une revue de littérature (Bagnall et al., 2019) :

  1. Un leadership fort et le plein engagement de tous les partenaires.
  2. L’engagement de la communauté locale pour favoriser la réussite d’une approche multisectorielle.
  3. Le temps nécessaire pour bâtir les relations, la confiance et la capacité de la communauté pour réussir à atteindre les objectifs.
  4. Une bonne gouvernance et des valeurs partagées.
  5. Des partenariats stratégiques pour effectuer des changements qui touchent différentes composantes de l’écosystème.
  6. L’adoption d’un langage commun au sein des différents organismes.
  7. Des initiatives ancrées dans le contexte actuel de politiques publiques.
  8. L’évaluation de l’impact des interventions dans la communauté.
  9. Des ressources financières et du soutien adéquats.

Abonnez-vous à notre infolettre

    [anr_nocaptcha g-recaptcha-response]